Drogue et sexe dans le PIB


En mai prochain, La France intégrera dans le calcul de son produit intérieur brut le chiffre d’affaires provenant du trafic de drogue. Elle s’est inclinée devant les exigences de l’Union Européenne. Sans mentir, la grande institution a enfin décidé de prendre par le bon bout le grand chantier de l’harmonisation fiscale et sociale.
Mais attention, la France refuse toujours à en faire de même pour les revenus de la prostitution !

Cette décision m’a mise en berne et plongé dans un état de gamberge exacerbée. Mes neurones, en s’échauffant, m’ont provoqué des migraines insupportables. C’est qu’il existe trois questions qui me donnent le tournis.

I – Pourquoi la drogue et pas la prostitution ? Serait-ce un problème de moralité ? Le sexe tarifé serait-il plus sale que la pipe à opium ?!

Eh bien, non ! Le critère retenu est la nature du consentement. Pour intégrer le PIB, une transaction commerciale doit avoir été librement consentie.
Donc, pour nos technocrates, il semble acquis que l’on se drogue en toute conscience, tandis qu’ils ne sont pas en mesure d’identifier avec exactitude si une personne se prostitue volontairement, ou pas. Ainsi, ce ne serait pas correct (juste) de l’intégrer dans le PIB. Correct au plan arithmétique, et non sur le plan moral … D’autant plus, que l’on intègre déjà les revenus légaux de la prostitution. Ben oui ! Tout le monde sait que la majorité des prostituées déclarent leurs revenus parce que, voyez-vous, le métier est soumis à l’impôt sur le revenu.

Néanmoins, alors que la chose me turlupinait déjà, mon bulbe (rachidien) s’en trouva soudain fort échauffé : comment interpréter l’addiction à la drogue ? Eh bien justement, je vous le demande : où se termine l’acte volontaire qui fait place à la dépendance, balayant ainsi le caractère librement consenti ?

 

II – Comment expliquer qu’un état de droit, (on nous rabâche assez, au point parfois d’en douter, que la France est un état de droit), puisse capitaliser à son profit le fruit défendu d’une économie illégale ?

Car enfin, on ne peut en douter, intégrer de nouvelles ressources dope artificiellement l’activité économique d’un pays, améliore le résultat de sa croissance, et par là-même, améliore le fameux ratio de la dette comparée au PIB. En clair, il offre un moyen supplémentaire pour passer en dessous de la sacro-sainte barre « Maastrichtienne » des 3% …

Mais, point de mauvaises pensées ! Bien d’autres pays européens le feraient déjà. Royaume-Uni, Estonie, Autriche, Slovénie, Finlande, Norvège, Italie, Espagne, …la liste n’est pas anecdotique. Donc, c’est logique : nous devons le faire aussi.

III – Comment peut-on être en mesure de calculer le montant issu d’une économie clandestine, et dont les transactions s’opèrent en espèces ?

Par nature, échappant complètement à la loi, les transactions échappent à la TVA, toutes autres taxes, cotisations et impôts. Point non plus de statut d’autoentrepreneur, d’artisan, de profession libérale, ni-même de société immatriculée pour les acteurs de la filière.
Mais alors, comment effectuer ce calcul ?
Rassurez-vous, nos économistes ont la solution : s’appuyer sur les études de l’OFDT (l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies) et de l’INHESJ (l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice) sur notamment, le cannabis, l’héroïne et la cocaïne.
Ces magnifiques institutions, on nous l’assure, connaissent parfaitement : la consommation de stupéfiants par les ménages français ; la production de drogues importée ; la production résiduelle de cannabis en France ; et les marges dégagées par les trafiquants.
Vach’ti fortes ! Grâce à elles, l’État n’ignore rien !
Pourquoi donc ne pas créer l’OPLNC canal historique (l’Observatoire des Prostituées Libres, Nationales et Consentantes), pour aller encore un peu plus dans le sens de l’intégration totale ? À condition, je vous le concède, que tous ces experts communiquent entre eux et avec l’organisme qui comptabilise le travail clandestin (organisme dont je n’ai bizarrement pas trouvé trace ?!).
Il ne manquerait plus que la France soit taxée de vouloir manipuler les chiffres en créant des doublons !

 

Bon ! En même temps, il n’y aurait pas de quoi fouetter … un chat, tant les chiffres seraient marginaux.
220 milliards d’euros. Une paille, par rapport aux 2.200 milliards du PIB français. Cela ne vaut vraiment pas la peine d’ergoter … C’est vrai, 10%, ce n’est rien !
Mais j’y pense tout à coup ! Puisque l’Union Européenne a décidé de lancer le grand chantier de l’harmonisation économique, fiscale et sociale, il ne faudrait pas donner dans la demi-mesure. Pourquoi ne pas suivre plutôt la voie entrouverte par les Pays-Bas ? Ben oui ! Légaliser ces petits divertissements réglerait tous les problèmes. Et puis, pour une fois, jouons avec un coup d’avance : si on incluait dès-à-présent les bien nommés Bitcoins. On pourrait s’en mettre plein le PIB …

*****

Et toujours, l’inspiration du poète …

Sex n’ Drugs n’ Rock n’ Roll
Les guitares sont bien molles
Cachées sont les aréoles
Restent quelques fumerolles

Tout est tarifé
Tout est greffé
Sous la baguette de la bonne fée
Dans le PIB

Les Produits Intérieurs du Bonheur
Fugaces fussent-ils
Nous rendent notre lueur
Dans l’Economie de l’inutile

Nous regardons la croissance
Depuis notre naissance
Mais, nous fait-elle grandir
Sans acquérir ?

En marchand de ce que je suis
Dans l’univers des produits
Ce n’est plus le cœur qui s’épanouit
C’est le gain qui est ma nuit

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