La confiance en soi : le manque, le « flow », et l’excès

Dimanche, 70% des supporters de l’équipe de France de football ont confiance : la France allait remporter la coupe du monde 2018. Les joueurs eux-mêmes en sont convaincus.
Parce que, voyez-vous, le plus difficile était de parvenir en finale. Faut-il d’ailleurs la jouer, tant elle parait être une formalité ?
Oh, il y a bien çà et là quelques défaitistes professionnels ! Il y a bien tapis dans la pénombre des esprits chagrins prêts à dégainer une remarque acerbe et vengeresse … Mais ils savent se faire discrets, en attendant (peut-être) leur heure de gloire.

Oui, la confiance est là ! L’équipe de France dégage une incroyable sensation de sérénité, de maîtrise, et de force. Autant dire d’invincibilité. Les joueurs semblent ne jamais avoir été aussi déterminés. Nos dieux du stade sont à un tel niveau, qu’ils peuvent marcher sur l’eau.
D’ailleurs, ce mantra de Fabrice Luchini résonne dans toutes les têtes : « C’est énoooorme ! ».

Il parait que cela s’appelle le flow, « un genre d’état second. Un état où l’on maîtrise tout, et où toutes les initiatives sont si pertinentes que les erreurs sont (presque) inexistantes.
Le flow, c’est lorsqu’il existe une parfaite adéquation entre l’objectif et le potentiel des différents acteurs, que ceux-ci ont la conviction absolue qu’ils vont toucher le graal, et tout ça, dans la joie et la bonne humeur. Les efforts à fournir importent peu. Le cerveau se charge de provoquer une overdose d’adrénaline et de dopamine.
C’est un état qualifié de « transcendance », de « petits nuages », ou de « lune de miel », selon les appétences de chacun.
La confiance règne en maître absolu dans la tête de tous : la confiance dans l’entraîneur, dans l’équipe, dans chaque joueur, et pour chacun d’entre eux, la confiance en soi.

19h00, CQFD ! 4 – 2. L’équipe de France est championne du monde de football pour la 2è fois !

Mais voilà ! Autant l’atteinte du flow tient à la réalisation d’une subtile concoction, autant sa constance ne tient qu’à un fil.
Plus les échéances approchent, plus les estomacs se nouent, plus le doute s’installe, plus l’anxiété et les peurs surgissent. L’objectif serait-il soudain si inatteignable qu’il pourrait faire tourner la mayonnaise ?
Le moindre grain de sable, une nuit agitée au cours de laquelle le match s’est joué et rejoué dans les têtes, un tacle de trop, une entame désastreuse, une boulette impardonnable, … Tout ce qui rend si magique cette fameuse incertitude de la vie ou du ballon, fut-il rond, … Et le doute s’installe. le flow se liquéfie.
L’excès de confiance se transforme alors immanquablement en machine à perdre.

19h30, CQFD ! 2 – 4. La Croatie est le tout premier « petit » pays à remporter la coupe du monde.

Le flow, c’est bien, mais c’est encore mieux quand ça ne se transforme pas en excès de confiance.

Le sujet vous intéresse ?
– Nathalie Crépin, responsable du C.R.O.P.S. et psychologue Clinicienne. Préparatrice Mentale.
– Aurélien Daudet, formateur et coach en intelligence émotionnelle

*****

Vagabondez dans mon univers, vous découvrirez des nouvelles et des romans, les poèmes de Didier Regard, et aussi les chansons de Marie. Aimez, commentez et partagez sans modération, et surtout, abonnez-vous pour ne pas rater les prochains billets !

Le contenu de Launayblog est sous Copyright déposé auprès de Copyrightdepot.com