Tellement difficile de rester calme et lucide …

Ras le bol ! Ras la casquette ! Marre de la bienveillance et du convenable ! Marre de la Solidarnosc mensongère ! Marre de la démocratie paralysée et paralysante ! Marre de … Marre, un point c’est tout !

Tellement difficile de rester calme et lucide cette semaine :
J’étouffe, oppressé par cette France de l’immobilisme qui descend dans la rue. Je me sclérose, étranglé par un État omnivore et incapable de se réformer. Je me sens tel un « Mohican et cochon de payeur » assiégé par des autruches adeptes d’un modèle économique et social moribond, alors qu’il serait si enthousiasmant de le repenser, ensemble et pour le plus grand bien de tous, (Je sais, je sais. Je suis un doux rêveur).
Mais voilà ! Ces temps-ci, quels que soient les milieux, dans les dîners mondains comme dans les bars à vin, sur les marchés, dans les files d’attente à la poste, comme devant micros et caméras, les arguments font place à des arguties populaires. Les stupidités censées être fédératrices volent en escadrilles. Dans les rues, sur les chemins de fer, dans les airs, à la télévision, ça bombarde en toute impunité. Plus les contre-vérités sont grosses, plus la mauvaise foi se répand, et mieux ça passe. Pour un peu, je conseillerais à mes enfants de ne pas avoir de descendance, de peur qu’à 10 ans, leurs marmots redescendent dans les mines.
La France serait-elle le seul pays à ne pas savoir se réformer en bonne intelligence ? Serait-ce finalement cela, notre exception française ?

Tellement difficile de rester calme et lucide cette semaine.
J’étouffe devant le spectacle pitoyable d’une société qui n’en finit pas de s’indigner la main sur le cœur, et de jeter des anathèmes dérisoires, sans toutefois oublier de se justifier. Et oui, le grand écart devient de plus en plus douloureux. C’est qu’il faut faire attention. Attention à ne pas effriter encore plus la façade d’une France de la diversité vertueuse et apaisée ! Mais les faits sont sous nos yeux, et tourner la tête ne les fera pas disparaître pour autant.
L’impuissance de notre démocratie se mesure cette semaine à l’aune du parcours d’un délinquant ordinaire de 26 ans. Son résumé de carrière ânonné par le Procureur est édifiant : « condamné à deux reprises, en 2011 et 2015, pour des faits de droit commun ; incarcéré pendant un petit mois en 2016 pour infraction de port d’arme prohibé, usage de stupéfiants, et refus d’obtempérer ; fiché « S » pour cause de radicalisation : il a fait l’objet d’un suivi effectif par les services de renseignements pendant quelques mois entre 2016 et 2017″. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat ! Radicalisation ? Mais de quelle type de radicalisation parle t-on ? La République n’ose même plus prononcé le mot qui fâche. Et puis, inutile de poursuivre une surveillance trop coûteuse, n’est-ce pas ? Pour cela, il eut fallu qu’il ait l’intention affichée de passer à l’acte… L’ennui, c’est qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. L’ennui, c’est que l’on ne peut pas mettre un policier derrière tout le monde. L’ennui…
Les mauvaises langues penseront qu’il est plus productif de verbaliser les excès de vitesse des conducteurs solvables ayant un permis de conduire… Mais ne mélangeons pas tout ! Nous sommes dans un état de droit, n’est-ce pas ?

Je m’agite, je serre les poings, je vocifère presque à voix basse avant d’être montré du doigt par la France bien pensante. Et finalement, prenant conscience de n’être qu’un disciple insignifiant de Dom Quichotte, je baisse les bras.  Alors, je redeviens un bon citoyen. Je paie mes impôts, mon amende et le reste, je verse un don aux « Restos du coeur » et pour le « Sidaction ». J’adapte comme je peux mes déplacements ; je trouve même normal de supprimer des rendez-vous. Et je suis désormais franchement rassuré de savoir que, lorsque je ferai mes courses ou quand j’irai au cinéma, la Police interviendra 20 minutes après que des terroristes aient perpétré leurs crimes.

Je sais, ce pêle-mêle est idiot, mais ces jours-ci, je n’ai plus vraiment toute ma tête. En attendant, je vais tenter d’endosser plus calmement mon costume de « Mohican et cochon de payeur », tout en méditant bien sagement sur les mots « amour » et « optimisme ». Et pour ce qui est de la démocratie, je vais me contenter de cette phrase de Michel Audiard : « Il faut prendre la démocratie comme elle est, cette démocratie dont un grand homme politique a dit qu’elle était le pire des régimes, à l’exception bien entendu de tous les autres ».

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Et toujours, l’inspiration du poète …

Mon visage caché dans mes mains
Des sanglots montent de mon chemin

Peut-être des rancoeurs
Qui vident mon cœur ?

J’avais espéré une broderie
Faite au point de riz

Je ne vois qu’un paillasson
Où mes pieds se défont

Je me vautre dans mon impuissance
À éloigner cette bectance

Et je souffre de cette souffrance
Parce que j’ai quitté mon enfance

Pour rencontrer l’accessoire
Assis sur ma balançoire

Alors mon humeur défouraille
Pour l’estocade finale

Une épée de bois
Alors qu’il me faut la foi

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