Les monastères sont de redoutables cuisines


Les semaines pendant lesquelles je fais retraite au sein d’un monastère sont des moments privilégiés au cours desquels je recharge mes batteries pour trouver la force de continuer.
Même si, les années passant, j’ai bien conscience que ma destination finale ne fait aucun doute, j’ai de plus en plus souvent la sensation d’être un funambule avançant sur un filin d’acier, tendu au-dessus d’un brasier.
Alors ? … Eh bien j’avance ! C’est bel et bien la seule option pour ne pas risquer de tomber prématurément en enfer.

Néanmoins, si les monastères ont sur moi des vertus énergétiques indéniables, ils ont également un curieux effet. Comment vous le décrire le plus exactement possible et avec concision ? … Je dirais que les monastères sont d’immenses cuisines où chaque jour est un couteau qui m’ôte une nouvelle peau. Cela ne surprendra donc personne que la chose soit parfois douloureuse. La preuve : plus le cœur se découvre, plus il est touché à en pleurer.
J’vous jure ! Faut-il aimer cuisiner pour s’infliger pareil traitement…
Oh, mais pardonnez-moi ! Vous avez entièrement raison : on ne jure pas dans un monastère.

En guise de dessert, je vous offre cette adaptation personnelle écrite cette semaine à propos du temps qui passe ; un sujet pour lequel je ne dois pas être le seul à gamberger …

Tel un brouillard qui se déchire, et laisse émerger une cime, le jour me découvre, indicible. Un autre jour que je devine.
Tout rayonnant d’une promesse, déjà ce matin m’entraîne. Serait-ce la figure de l’aube éternelle qui apparaît sur ma route quotidienne ?
Déjà midi, déjà le jour, le jour à demi loin de moi, le jour à demi loin de nous.
Tantôt un soleil étincelant de justice et d’amour pénètre dans ma vie, tantôt un ciel gris de bassesses et de mépris s’insinuent dans mon être. Au plus profond de mon cœur, ils me façonnent tandis que les heures, en s’écoulant, irriguent le sable de ma vie.
À peine à l’apogée de la lumière, le jour est marqué par son déclin. Le temps est si court, il s’enfuit éphémère. Tout ce qui m’entoure démontre l’évidence d’une vie passagère. Une vie creusée comme un sillon où un avenir doit germer. Quel avenir, sinon celui que je prépare ; quel avenir, sinon celui que nous préparons aux générations à venir.
Parvenu à la fin du jour, le regard naturellement porté vers l’horizon, c’est bien au-delà que mes yeux cherchent l’invisible maison. Contemplant cette ultime lumière dans le soir, le silence tombe peu à peu autour de moi. L’angoisse m’étreint.
Lorsque le moment sera venu, trouverai-je le refuge ? Entendras-Tu mon cri monter, ou est-ce plutôt Ton silence qui m’appellera vers cette clarté nouvelle apparue dans la nuit ?

*****
Et toujours,
l’inspiration de Didier Regard

C’est dans l’interstice
Que ma vie se glisse
Laissant des cicatrices

J’arrive dans l’arrière cuisine
C’est elle qui m’assassine
Pénètre ma poitrine

J’ai pas envie d’y rester
Et dehors empester
Ce que je suis
Ce que je fuis

Le temps me pèle
Avec son grand couteau
Je n’ai plus de peau
Cela attaque le noyau

Là tout nu
Pas prêt au grand saut
Même si je n’ai pas plu
Vous me verrez bientôt

Ne cherchez pas d’écriteau
C’est dans votre vie que cela équivaut
Toujours trop tôt

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*****

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