Bonheur, es-tu là ?


Durée de lecture : 3mn 15s … ou plus !

Les philosophes anciens ou post-modernes, mon beau-frère, et les inconnus qui se répandent en brèves de comptoirs, tout le monde a quelque chose à dire sur le bonheur.

Mais, qu’est-ce qui rend vraiment les gens heureux ?  Leur travail, leur vie amoureuse, leur foi, ou un compte en banque bien garni ? Certains pensent que connaître l’amour apporte beaucoup plus de satisfaction que l’argent ; pour d’autres, c’est la prière ou la méditation, disposer de plus de loisirs, voire pratiquer assidûment un sport.
Ah, tiens ! Petite question subsidiaire : existe t-il des prérequis ?
Par exemple, faut-il travailler pour être heureux ? En d’autres termes, le travail est-il une condition de base pour pouvoir accéder à un certain confort nécessaire au bonheur ?
Ceux qui n’ont pas de travail, et qui en cherchent, répondront peut-être oui. Mais, plus subtile :  lorsqu’un travail n’est pas gratifiant, la réponse sera t-elle positive ou bien négative ? Et ceux qui ont la chance d’en avoir un qui leur plait et qui est suffisamment rémunérateur, reconnaitront-ils à coup sûr qu’il s’agit d’une composante absolue du bonheur.

Et après tout, le bonheur, qu’est-ce que c’est ?
Richesse, honneur, plaisir des sens, le tout conjugué à la Spinoza, ou bien la somme de petits plaisirs qui forment un grand tout ? Est-ce un état permanent de béatitude, ou au contraire, quelques instants volés au cours d’une vie ?
Est-ce l’assurance d’être en bonne santé, de manger chaque jour à sa faim, de rayonner dans son milieu social, de coucher dans un bon lit, de faire partie d’une grande famille, … Faudrait-il donc croire qu’il est nécessaire de se marier, d’avoir des enfants, de trouver le métier de ses rêves, de gagner au loto, ou que sais-je encore… Et après tout ceci, que faudra t-il réaliser ou obtenir d’autre ? Alors à bien y réfléchir, les célibataires, les Sdf, les vieux, les malades, les peuples ravagés par des décennies de guerre, ne pourraient donc pas prétendre au bonheur ?
C’est évidemment idiot ! Le bonheur n’est pas stéréotypé et les hommes ont un fabuleux don d’adaptation ou de résistance contre l’adversité. Sans compter que selon la latitude et la longitude terrestre, ce moment de grâce doit certainement être apprécié différemment.
Mais j’y pense tout à coup ! Que répondre à ceux qui sont persuadés que le bonheur n’existe pas sur terre depuis qu’une femme a croqué un jour dans une certaine pomme,  ou tout au contraire qu’il s’agit de la quête désespérée d’un nouveau fruit défendu ?

Alors, dans quelle direction chercher ? Vers plus de plaisirs matérialistes, vers la quête d’un amour absolu et trompeur, ou vers une certaine sérénité réputée plus durable par certains ?
Les réponses à toutes ces questions sont à l’image des citations, des philosophes, de mon beau-frère, et de toutes celles entendues au détour d’un zinc : plurielles, contradictoires, et  parfois sensées lorsqu’elles sont prises isolément.
Alors, je suis perdu. Je suis d’autant perdu que pour ajouter encore à mon désarroi, il est souvent difficile de formuler clairement ce qu’est sa vision du bonheur ? Comprenez par là, celui des autres, mais aussi le mien.

Et puis, et puis là ne s’arrête pas la difficulté. Comment mesurer le bonheur ?
Comment mesurer objectivement ce sentiment  et mettre en relation des critères aussi divers et subjectifs, pour autrui comme pour soi-même ? Par ailleurs, si la perception des uns et des autres n’est pas la même  dans différentes situations, celle-ci évolue dans le temps, chez le sujet et chez l’observateur. Et pour ajouter à la complexité, le bonheur est non seulement lié aux aspirations les plus intimes, mais il peut dépendre également de la capacité de chacun, d’y croire, de faire preuve d’optimisme et de bonne humeur, de gratitude et d’un zeste de spiritualité.
Le bonheur n’est pas une donnée fiable. Il est fugitif et fragile.
Le bonheur est si fluide et si friable qu’il s’écoule et file entre nos doigts. Voltaire aurait-il eu raison en écrivant : « Il est ici et maintenant » ? Car c’est évident, il s’égrène comme les secondes du temps. Ainsi, affirmer que l’on prend la vie comme elle vient, jour après jour, peut être pris comme une forme de grande sagesse… Mais cette fameuse philosophie de la vie, basée sur la force de la conscience de l’instant présent, n’est-elle pas aussi une façon de subir ou de fuir l’avenir ?

Alors comment savoir si, un inconnu, un familier, ou un être cher, qui se tient là, devant soi, est heureux ?
Comment appréhender le bonheur d’un autre à travers sa propre vision? Sans compter que bien souvent, on se trompe sur l’appréciation de son propre état.
Je suis heureux ! Une affirmation des plus subjectives. Une subjectivité qui permet de se mentir à soi-même, en conscience, … ou pas. Une subjectivité qui permet de dissimuler la vérité aux autres en faisant bonne figure. À ce jeu là, certains sont très doués. Ils peuvent faire illusion au point même de se dissimuler la réalité de leurs propres états d’âme.
Et puis, et puis encore, il y a ce rouleau compresseur formé par nos sociétés occidentales modernes. « Ces sociétés où il devient suspect de ne pas être bronzé, rayonnant, et de ne pas avoir un mental de battant », comme l’a si bien écrit Pascal Bruckner, poussés que nous sommes à l’épanouissement personnel par la satisfaction matérielle, la réussite professionnelle, et la gloire du prestige et du paraître.

En vérité, j’ai peur de découvrir au détour de toutes ces questions que chercher à savoir si l’autre est heureux, c’est aussi tenter de rassurer son moi intérieur. En quelque sorte, une façon d’espérer autant chasser un doute lancinant que se dédouaner d’une part de responsabilité.
À me torturer ainsi l’esprit, accumulant des questions sans réponses, une bouffée d’angoisse me submerge et une terrible boule me comprime le ventre. Objectivement, je ne peux m’appuyer sur aucune loi, aucun raisonnement cartésien. Il n’existe pas de formule ni de théorème, et quand bien même il en existerait, les variables suffisent à elles-seules pour densifier le problème.
Il paraît qu’il y a des signes qui ne trompent pas. Il est vrai que le corps et la gestuelle parlent mieux encore que des mots. Il n’empêche ! Psychologues, spécialistes de l’analyse transactionnelle, professionnels du détecteur de mensonge, graphologues, … même les experts peuvent se tromper.

Alors ? Alors, je suis perdu… À vrai dire, je suis bouleversé !

Écouter Baloo,  « le Livre de la Jungle »

*****

Eudaimonia, es-tu là ?
Viens dormir dans ma villa
Fais ton tralala

Adieu le spleen
C’est de l’indiscipline
Dans ma poitrine

Je me conforme
Comme si c’était une norme
À l’uniforme

Regardes plus heureux
Et tu seras plus malheureux
Cela est affreux

Absence de souffrance
Cela serait déjà bien
Pour mon aisance

En bon béotien
Centrer sur ma jouissance
Ça coûte combien ?

Ce fruit défendu
Pourtant il me serait dû
Et je suis perdu

 Découvrez la suite de l’illustration poétique de Didier REGARD

*****

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