Si naître était mourir, mourir serait-il renaître ?

C’est la question existentielle de la semaine : si naître revenait à mourir, mourir pourrait-il alors être une renaissance ?
Pas de stress, raisonnons en éliminant d’emblée les questions qui pourraient fâcher, et évacuons les problématiques liées à la foi, les croyances de toutes sortes, les religions et les philosophies.
Partons simplement du concept, maintenant reconnu par toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, qui établit que la matière c’est de l’énergie. Plus exactement, si l’on prend les choses dans le bon sens, acceptons l’idée que l’énergie s’incarne en matière. De là à adopter un raccourci saisissant, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement :
La naissance est une incarnation de l’âme. Oh, milles excuses ! La naissance est l’incarnation d’une certaine énergie.
Si vous le voulez bien, remisons par de vers nous cette idée. Nous y reviendrons plus loin.

Ceci étant posé, on se rend compte brutalement que naître n’est pas une sinécure. Rappelez-vous ! Au début, depuis les premières démultiplications de nos cellules jusqu’au moment critique de notre accouchement, au propre comme au figuré, tout baigne. Le milieu dans lequel nous évoluons est plutôt sympathique :
Tu flottes au sein d’un ventre douillet ; la température est idéale et constante ; ni dispute exaspérante, ni remarque désobligeante, ni coup ; des sons lointains te parviennent, mais pas de cris ; la lumière est douce et diffuse ; aucune préoccupation quant à l’organisation des repas ;  … Bref, si ce n’est pas le paradis, cela ressemble diablement au bonheur.
Malheureusement, tu as beau faire et méditer tout immergé que tu es sur l’instant présent, plus les mois passent, plus l’endroit devient inconfortable. Inéluctablement, l’heure de la fin de la récréation approche : l’incontournable expulsion ne tarde pas à t’être imposée. Il est temps de mourir à notre monde. Enfin, si tu préfères … Il est temps de naître au sein d’un nouveau monde.
Expérience de naissance ou de mort imminente, il se trouve qu’à l’orée de ce nouveau monde, nous décrivons à peu près tous la même scène où tout dérape instantanément : au bout d’un tunnel dont la sortie laisse entrevoir une lumière blanche éblouissante, non seulement tu souffres le martyre pour ne passer rien qu’une tête mais, saisi par d’immenses pinces en caoutchouc, tu finis par débarquer en pleine hystérie. Alors qu’il faut déjà jouer des épaules et des coudes dans un apprentissage accéléré de la douleur, une voix, qui a semble-t-il juré de te vriller les tympans, ahane sur l’ordre d’un mineur masqué – à croire que ce tortionnaire a peur d’être reconnu -. Les odeurs sont insoutenables, on a les poumons en feu, et comme cela ne suffisait pas, le chef des Schtroumpfs choisit précisément cet instant pour éteindre son casque et te mettre la première fessée de ta nouvelle vie. Bonjour l’accueil ! Et puis, il te pose sur un morceau de viande encore tout chaud, le temps d’aller chercher une camisole. Et là, tu te dis que tu n’as vraiment pas de chance d’être venu te perdre dans un au-delà aussi vaste qu’inhospitalier… Dès le premier jour, t’est mort de trouille. Et c’est bien normal, car aucun doute, tu viens de mourir pour être plongé en enfer !

Et à partir de cet instant, mes amis, on mettra beaucoup de temps à se l’avouer, mais on ne va penser qu’à une seule chose : mourir dans cet au-delà pour renaître libres dans la pure énergie ; loin des contraintes matérielles, de la souffrance, des peurs, des conflits et des agressions multiples… Certes un autre raccourci, mais j’ai confiance, vous avez compris l’idée.

Je peux donc en conclure sans crainte de me tromper que : si la naissance est l’incarnation d’une certaine énergie, la mort est la renaissance d’une certaine énergie, et peut-être même est-ce la même !
Et hop ! Une question existentielle de réglée une bonne fois pour toute.

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Et toujours, l’inspiration du poète …

Sur la balance en pesé
Je ne fais que 21 grammes
Autour de moi, c’est le drame
Un drôle de bébé

McDougall avait raison
Le corps n’est qu’une maison
Et finira poussière
Énergie à sa manière

J’attends la sinécure
Pour poser ma candidature
J’espère ne pas m’être trompé
Dans ce corpus enveloppé

Si léger, je ne fais pas le poids
Mais…sans foi ni loi
Ma carrière
Ne sera pas dans la matière

Exister ou pas
N’est qu’une vision humaine
Je ne connais pas le trépas
Je migre tel le pollen

Rien ne deviendra
Car tout est là
Toujours dans l’ici-bas
L’espace me rattrapera

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