15 août


Durée de lecture : 3mn 21s

En Provence, le Mistral a eu la délicatesse de balayer en plein jour le ciel de ses nuages, afin de nous faire admirer un magnifique bleu nuit d’été. C’est heureux, car deux étoiles viennent tout juste de rejoindre la voûte céleste.
Ceux qui ont un peu d’expérience le savent bien, la vie est faite de paradoxe. Cette semaine, elle nous en a offert un de plus : pour beaucoup, la mi-août est le moment du retour, mais pour certains, c’est celui du départ…
Comment, vous n’avez pas remarqué ces deux scintillements supplémentaires ?
Mais si, regardez avec un peu plus d’attention … Là, entre Cancer et Parkinson … les deux petits points que l’on ne pouvait pas apercevoir lundi et mardi.
Vraiment ! … Non ? Alors, laisser-moi vous aider :
L’une d’entre elle m’a été si familière sur les grands écrans, qu’elle me manque déjà ici-bas… Et je me souviens… Je me souviens que j’avais tout juste 30 ans, lorsque « Le cercle des poètes disparus » est sorti en salle.
Ah, si vous saviez ! Si vous saviez comme j’aurais aimé être John Keating, ce professeur de poésie …

Aujourd’hui encore, il me semble entendre ses principaux cours. Certaines citations, certains dialogues sont si présents à mon esprit, que leur sens résonne toujours en moi.
Pour mon plus grand plaisir, je suis allé les rechercher dans leur intégralité ; je suis certain qu’elles feront écho en vous :

« On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine »…

Et aussi,
« Ô moi ! Ô vie ! Ces questions qui me hantent, ces cortèges sans fin d’incrédules, ces villes peuplées de fous. Quoi de bon parmi tout cela ? Ô moi ! Ô vie ! » … Réponse : « que tu es ici, que la vie existe, et l’identité. Que le spectacle puissant continue et que tu peux y contribuer par ta poésie… Que le spectacle puissant continue et que tu peux y contribuer par ta poésie … Et vous, quelle sera votre poésie ? »
Et oui, ne trouvez-vous pas la question posée à ces adolescents tout à fait pertinente ? Quelle sera notre poésie ?
… Quelle sera ma rime ? … Je m’efforce si souvent de la trouver …

Et encore,
bien qu’ayant tenté d’apprendre le latin au lycée durant sept années, c’est en regardant ce film que j’ai compris pour la première fois toute la signification du fameux « Carpe diem »

Je revois également John Keating monter sur son bureau pour démontrer l’importance de ne pas oublier que l’on doit tout regarder sans cesse sous un angle différent. À son invitation, ses élèves défilent les uns après les autres sur le bureau du professeur, cet objet lourd de tradition, ce sanctuaire inatteignable, et tour à tour, chacun découvrent une vue différente, et s‘émerveillent…

Ah, et cette scène finale ! …
Une scène inoubliable : il s’est fait mettre dehors. Il vient chercher des affaires personnelles dans sa classe. Le directeur, un comble de classicisme au plus près de l’establishment, sûr de sa victoire, achève la mise à mort. Devant ses élèves, il se délecte de l’ultime humiliation qu’il fait subir au professeur déjà anéanti… La salle du cinéma est en apnée devant le suspens insoutenable entretenu par une caméra qui cherche désespérément une réaction des adolescents, cadrant savamment chaque visage du cercle des poètes … Et enfin, la salle peut à nouveau respirer. Ils se dressent tour à tour sur leur pupitre, après que le premier d’entre eux ait lancé, « Ô Capitaine, mon capitaine »
Magnifique ! À l’évocation de ce passage, j’en ai encore des frissons.
La première fois que j’avais été voir le film, j’en avais pleuré. Nous étions nombreux à être restés devant le générique. Et à la sortie de la salle de cinéma, je me souviens encore très bien des yeux rougis et des visages qui trahissaient bien d’autres sentiments que celui d’avoir passé un bon moment.
Même si j’ai bien conscience que l’ensemble des ingrédients du film constituaient alors une alchimie parfaite, à mon sens, la prestation de Robin Williams avait ajouté une dimension toute particulière.
Il faisait partie de ces acteurs capables de susciter ainsi, et parfois au sein d’une même scène, les rires et les larmes de spectateurs littéralement envoûtés. Il y eut plus d’une comédie où il m’a fait pleurer de rire et de tendresse, plus d’un film noir où il a su également me faire peur en psychopathe obsessionnel, plus d’une histoire où ses prestations ont contribué à me faire réfléchir sur moi-même … Alors je l’avoue, c’est avec tendresse que je sais que son étoile ne se trouve pas aujourd’hui simplement sur un bout de trottoir d’Hollywood.

Quant à l’autre étoile, c’est un mythe. Un mythe qui s’était fait discret depuis quelques années, mais dont les cinéphiles n’ont pu oublier « Le Regard ». Magnétique, élégante et mince, classique et mystérieuse, parfois glaçante, c’était l’incarnation parfaite de la femme fatale dans les films noirs. Son sourire savait se faire séducteur et ravageur, et la maturité aidant, il pouvait être aussi émouvant et maternel.
À l’heure du « Grand Sommeil », il me plaît de l’imaginer toute rayonnante, aux côtés d’Humphrey Bogart et de Robin Williams … et qui sait.., plus précisément en ce quinzième 15 août, sous l’œil attendri de mon père.

Lauren Bacall & Robin Williams

*****
Véga, l’astre brillant
Vénus, la planète du levant
Comme un grand blanc …

             Découvrez l’illustration poétique de Didier Regard

*****

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3 Commentaires

  1. Pour ceux de tes lecteur qui aprécient l’humanité exceptionnelle qui se dégage du jeu d’acteur de Robin Williams, je recommande deux films hors du commun qui n’ont pas eu la résonance du « Cercle » :
    The Fisher King. http://en.m.wikipedia.org/wiki/The_Fisher_King_(film) et,
    Avakenings. http://en.m.wikipedia.org/wiki/Awakenings
    Si j’avais aussi les yeux rouges en sortant de la projection du Cercle, j’étais complètement dévasté après ces deux films. À voir absolument !

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  2. Je souscris totalement (« L’Éveil » en français pour le 2ème).
    Sa filmographie est si importante qu’il faut aussi faire le tri entre les succès commerciaux et les bides, le meilleur et parfois le pire.
    J’ai adoré « Will Hunting », « Photo Obsession », « Insomnia », et j’ai aussi un faible pour « World´s Greatest Dad »… Mais il y en a tant, sans compter les doublages qu’il affectionnait en virtuose de la déformation de la voix qu’il était…

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  3. Merci pour les conseils , certains que je ne connais pas vont animer mes prochaines soirées et … REVOIR et REVOIR LE CERCLE !

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