Des Signes de Grand Délire !


Depuis une dizaine de jours, des signes cherchent à attirer mon attention.

1 – Moi, qui en presque trente ans, n’ai pas été contraint d’aller chez le dentiste, à l’exception de quelques détartrages réglementaires, j’ai dû m’asseoir sur le fauteuil tant redouté, à quatre reprises en moins d’un mois.
Sur le coup, à part être mort de trouille, je n’y ai rien vu d’alarmant. Tout juste une péripétie qui concerne bon nombre d’entre nous sans lien précis avec un quelconque moment de notre vie. D’ailleurs, l’expert n’avait pas tardé à me rasséréner :
– Cela fait mal, certes, mais votre dentition est en parfait état !

2 – J’ai également dû consulter, la semaine dernière, un ophtalmologiste.
Notez bien qu’il ne s’agissait point d’une banale visite de contrôle. Non ! Quatre ans s’étaient écoulés depuis ma dernière visite, et je savais bien que ma vue avait baissé…
Mais je ne m’attendais pas à la sentence, qu’écris-je, au couperet qui allait tomber sur mon pauvre cou d’innocent :
– Et oui, cher monsieur, rien de grave, mais que voulez-vous, … c’est l’âge ! me dit le médecin.
Oh, la remarque n’avait rien de méchant… Du second degré bien sûr…

3 – En ce début de semaine, un bon copain est venu boire un café à la maison.
Au hasard de la discussion, je lâche une préoccupation. Je vous rassure, rien de bien grave ; des sautes de concentration, des absences qui me perturbent, des petites faiblesses… De son côté, et certainement pour mieux dédramatiser la chose, ce bon copain me confie certaines de ses propres inquiétudes.
C’est ainsi que parmi les sujets balayés, le thème de l’âge s’invite dans la discussion, imperceptiblement, sans même que l’on n’y ait prêté tous deux attention. Nous y voilà : l’âge. Tel est le signe !
Dans nos échanges, une phrase m’interpelle :
– J’ai lu dans un sondage auprès des femmes, m’assure-t-il, qu’un tiers d’entre elles avouent avoir été infidèles une fois, … au moins.
Un tiers … autant dire 33% … en somme, 1 femme sur 3 !
Vrai ou pas, et même nul en maths, c’est une proportion que l’on garde en tête sans grande difficulté. Et, vous l’avouerez, messieurs, c’est tout de même le genre de phrase qui marque, ou tout au moins, qui reste un beau sujet de réflexion pour un homme marié … au hasard, et juste pour prendre un exemple … depuis 22 ans !

4 – La semaine passant, j’ai naturellement croisé différentes personnes. Comme il s’agit de gens polis, ils n’ont pas manqué de me demander ce que devenaient mes enfants.
J’en suis si fier, que je ne manque jamais de répondre avec moult détails pour chacun des trois, à tel point que l’on doit parfois me prendre pour un grand mythomane.
Mais précisément cette semaine, un détail m’a frappé. Je me suis rendu compte, après qu’ils m’aient quitté, qu’aucun d’entre eux ne s’étaient réellement intéressé à ce que, moi, je faisais. Je n’ose en imaginer la raison …

5 – Dernier signe, que je qualifierais cette fois de plus direct et … concret : une lettre à l’enveloppe parfaitement anodine déposée dans notre boîte aux lettres.
Ouverte, encore une fois, en toute innocence, je m’aperçois qu’il s’agit d’un nouveau plaidoyer pour le dépistage du cancer colorectal pour les personnes d’un certain âge.
Bon, je vous l’accorde, pour une fois qu’il ne s’agit pas d’une facture, j’aurais dû prendre la chose d’une façon positive. Cependant, au vu du contexte, et ayant déjà reçu ce genre de missive à trois ou quatre reprises ces dernières années, inutile de vous décrire à quel point je maîtrise désormais le sujet…

Et donc, après cette convergence de signes, vendredi arrive enfin… Oh joie, c’est la perspective d’un sympathique déjeuner entre copains qui s’annonce.
Suite au hasard de mon agenda, autrement dit, de l’heure de sortie d’une séance bihebdomadaire de kiné, ayant un peu plus d’une trentaine de minutes d’avance, je trépigne d’impatience à l’idée de nous retrouver… Cela fait si longtemps.
Mais très vite, l’inquiétude envahit lentement, mais sourdement, ma conscience (Il faut préciser que, comme très souvent, j’ai oublié mon téléphone portable).
Une foule de questions sans réponse me taraudent alors l’esprit. Seront-ils au rendez-vous ? Ne me suis-je pas trompé de jour ? Était-ce 12h15 ou 12h45 ? Je questionne tour à tour les serveurs en leur demandant l’heure… Mais au fait, suis-je dans le bon restaurant ?
Mon ennemi juré, le stress, a entamé un bras de fer dont il se délecte… Mais ouf ! Les voilà qui arrivent.
S’ensuit un traditionnel « Ça va ? » ponctué d’un oui mollasson qui engendre inévitablement quelques questions plus précises, mais fort heureusement, chacun se veut de bonne humeur. On commande, on charrie la serveuse, on se chamaille gentiment. Bref, chacun endosse son costume habituel. Immanquablement on peste, tout en commentant en bons râleurs de français, l’actualité du moment.
Au gré de confidences somme toute très pudiques – on n’aime pas trop parler entre hommes de ses faiblesses – quelques blagues fusent. Une seule d’entre elle cogne à la porte de mon inconscient. En fait, il s’agit plutôt d’une devinette :
– Tu te rappelles le prénom d’Alzheimer ? me demande l’un de mes acolytes.
– Euh, non ! répondis-je, (vous l’aurez remarqué, je n’ai pas brillé cette semaine d’une grande perspicacité).
– Ben voilà !
Je vous l’accorde, pas de quoi rire à s’en faire péter les côtes, mais sur le coup, et sans me forcer, j’en ai réellement souri.

Mais le soir, à l’heure fatidique de la prise des petites pilules quotidiennes, je n’ai pu m’empêcher de dérouler le film de la semaine en le passant au prisme de ces foutus signes.
On a beau tenté de maintenir intact ce qu’on appelait, il y a peu, … très très peu, le charme de la maturité, et pour certains recourir à toutes sortes d’astuces afin de « porter beau », il n’y a rien à faire : les jours passent et le temps fait son œuvre.
Tenez, n’étant pas pour ma part un adepte de la chirurgie esthétique, mon corps ne ment pas, comme en témoigne régulièrement la glace de ma salle de bain. Et puis, il y a aussi les petits soucis de santé, vous savez bien, ceux que nous reconnaissons sans même avoir eu besoin d’avoir été présentés. Pardonnez-moi, j’écris nous, parce que je suppose ne pas être un cas isolé. Bien évidemment, c’est une simple supposition …

Force est donc de constater que les temps changent. Fini les conversations entre mecs où l’on se vantaient de nos conquêtes réelles ou imaginaires. Les sujets se font plus philosophiques ou plutôt … matériels. Ils se nomment « donation ou succession », relativité de l’imposition, … Même les objets de fanfaronnades deviennent le plus souvent des histoires vécues par procuration.
Pour peu que nous ayons le bonheur de vivre avec une compagne magnifique et plus jeune, bien sûr, ici encore je ne parle que pour moi, c’est aussi l’heure des doutes, (rappelez-vous les résultats du fameux sondage de mon si bon copain). Et par conséquent, c’est la valse des interrogations qui reprend : suis-je à la hauteur de l’image qu’elle s’est faite de moi ? Est-elle toujours aussi fière de marcher à mon bras ? …
C’est que la concurrence est rude. Tenez, même à la maison ! … Bah oui, au début, j’ai bien tenté de rivaliser avec mon propre fils. Mais c’était peine perdue. Il avait gagné d’avance. Il arrive un moment où, l’expérience, l’adresse et même la ruse, ne suffisent plus à compenser… le reste !
Heureusement, chez les humains, le plus jeune n’engage pas un combat à mort pour virer le vieux mâle de la harde ! C’est lui qui part …
Alors, il faut bien l’admettre, les statistiques sont têtues. Et comme le chante si bien Alain Souchon, il arrive un temps où  « l’on n’a plus assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens »…

Mais enfin, c’est quoi ce délire de la semaine ? Mais elles riment à quoi ces considérations à la c..?
Allez vite, du papier et un crayon, que je fasse la liste de mes projets !
Non mais sans blague, ce n’est pas parce que j’ai dépassé la cinquantaine que je n’ai plus d’avenir !

Bon, peut-être pas tout à la fois, beau, riche et intelligent, mais vivant vous dis-je, … Je suis encore vivant !

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4 Commentaires

  1. Que dire, sinon que je me sens parfaitement en phase, et encore tout ému de cette nouvelle synchronicité ?
    Voilà qui rappelle un peu le fameux syndrome du D.A.D.A…. voir http://goo.gl/HV5MVA
    Meilleures salutations d’un ami qui – lui aussi – bouge encore 😉

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  2. En tous cas, excellentissime c’est sûr!!!

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