Élections, pouvoir et … cour d’école !


Ne vous est-il jamais arrivé de penser que croiser de nos jours un français, c’est souvent serrer la main d’un Président, d’un Secrétaire Général ou d’un Directeur ?
Vu le nombre d’élections et d’assemblées générales qui se tiennent en début d’année, vous n’aviez certainement pas tout à fait tort.
Rassurez-vous, il n’est point question ici d’une tribune concernant les Municipales ou les Européennes. Loin de moi également l’idée d’argumenter sur l’élection du « Ballon d’Or » : mais quelle idée de vouloir absolument distinguer un seul joueur dans un sport d’équipe ?
Non, il s’agit simplement d’évoquer les élections qui visent à renouveler des conseils d’administration d’associations à but non lucratif, des assemblées de bénévoles ou des postes de représentativité aux titres ronflants.

N’avez-vous pas remarqué que même lors de faibles enjeux, la tension peut monter très vite d’un cran. Le jour du scrutin fatidique, une soudaine contagion est capable à tout instant de se répandre au point de faire exploser tous les thermomètres !
D’ailleurs, certains contractent le virus très jeunes. Rappelez-vous, les cours d’école et les préaux surchauffés les jours d’élections des délégués de classe ! Rappelez-vous aussi les déchirements et les pleurs des battus que les parents ont toutes les peines du monde à consoler !
Nous le savons tous : que les candidats aient 10 ou 75 ans, l’âge et l’expérience de la vie n’y font absolument rien. Les luttes fratricides restent assassines.
Mais j’y pense tout à coup ! Ne serait-ce pas une sorte du « syndrome du Ballon d’Or » ? Un syndrome qui toucherait tous ceux déclarant à pleins poumons et la main sur le cœur qu’ils jouent en équipe, et pour le bien de tous, mais en fait, qui rêvent toute leur vie d’être L’Élu par ses pairs, symbole d’une ultime reconnaissance.

Alors, imaginez ce que peut donner une élection à la Présidence d’un Conseil des Prudhommes méridional !
Pourtant, je vous l’assure, le poste n’est pas enviable. À part l’honneur de porter un titre éphémère ouvrant l’accès aux pince-fesses et aux buffets de petits fours locaux de l’année, il confine souvent à des tâches ingrates, et justement, dignes de ce qui se passent dans les cours d’école.
Cette année dans notre bonne ville provençale, le combat était total.
Rendez-vous compte ! Deux candidats, un siège ; un homme, une femme ; la compétence, l’ancienneté ; les protagonistes, une tribune. Toutes les composantes d’un véritable psychodrame étaient réunies.
Et il eût lieu. Réclamations, suspension de séance, rappel au règlement…, et enfin, enfin seulement, le vote pût avoir lieu. Mais bien évidemment, nous eûmes également des réserves dégainées comme l’arme absolue et vengeresse d’un serpent à plumes incapable de reconnaitre la défaite !
Lutte d’influences ? Déception ? Rancœur ? Déshonneur ? Ego ? Plutôt, vanité.
Et…, « Vanité des vanités, et tout est vanité».

Mais pour une fois, la technologie s’est précipitée à notre secours, et a sauvé cette matinée de rentrée bien tristounette. Vous allez comprendre…
Aujourd’hui, il est de plus en plus rare que les possesseurs de téléphone portable pensent à en couper la sonnerie, lorsque pourtant les circonstances l’exigent. Malgré les rappels impersonnels et maintes fois répétés, cela devient tellement naturel que l’on ne s’en offusque même plus. Cinéma, théâtre, même les lieux de culte ne sont pas épargnés.
Souvenez-vous ! À l’aube de la démocratisation de cet accessoire, il y avait tellement peu de types de sonnerie différents, que chacun fouillait frénétiquement dans ses poches ou son sac, persuadé d’être le fauteur de troubles. Aujourd’hui, il n’en est plus rien. C’est entré dans les mœurs. À peine si le comédien ou l’orateur s’en offusque. Certains ont même préparé une réplique pour faire rire à l’occasion, et tout au plus, le prêtre s’interrompt patiemment au milieu d’un sacrement, en attendant que la sonnerie cesse.
Je fais partie de ces irréductibles dinosaures qui désespèrent de mes congénères lorsque le trublion sort de sa boîte électronique. Mais lors de cette triste matinée dans la salle du Conseil, au moment où le Président de séance a déverrouillé le cadenas et retourné l’urne, libérant ainsi les petites enveloppes bleues, mieux qu’un roulement de tambour, un conseiller espiègle en appuyant sur la touche adéquate a fait tinter sa sonnerie d’appels… Et toute la salle d’entendre l’Ami Georges s’écrier : « Gare au gori – i – i – i – lle !
J’ai a-do-ré !

À vous tous, jeunes et moins jeunes, famille, amis, lecteurs d’un jour, offrez-vous ce plaisir : Écouter cette chanson de Georges Brassens ! Par les temps qui courent, écouté au premier ou au deuxième degré, ce texte est tout aussi savoureux.

Écouter « Gare au gorille! »

***

Mon billet d’humeur : c’est un clin d’oeil, une brève de comptoir, une réflexion captée dans l’instant. Vous avez aimé ? Alors partagez-le, et incitez vos amis à s’inscrire sur https://launayblog.com/, et ne ratez pas celui de la semaine prochaine !

***

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1 commentaire

  1. jocelyne Marcaggi

     /  12 janvier 2014

    coucou Pascal, je te confirme: nous ne sommes pas prts d’oublier ces lections ;Bravo, j’ai bien ri et surtout j’ai bien retrouv l’ambiance…. Je fais suivre mes collgues marseillais .Je pense que dans le cadre de nos formations, nous pourrions nous rfrer ce texte comme tude de cas dans le cadre de situations tendues et ridicules ….Je t’embrasse et bientot jocelyne

    Date: Sun, 12 Jan 2014 15:16:09 +0000 To: j.marcaggi@hotmail.fr

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