Garder son âme d’enfant


Combien de fois avez-vous entendu l’expression « garder son âme d’enfant, ce n’est pas vieillir » ? Que cette phrase soit d’ailleurs prononcée sur un ton de reproche, ou au contraire avec une certaine envie, combien de fois avez-vous entendu dire de quelqu’un qu’il avait gardé son âme d’enfant ?

Garder une âme d’enfant n’est pas agir comme un enfant. Ce n’est pas une anomalie comportementale, une attitude contre nature, pour un adulte. Et garder une âme d’enfant n’est pas non plus une qualité extraordinaire ; une aptitude au bonheur, ou encore un atout indispensable pour vivre le temps présent.

Pourquoi faudrait-il tant opposer une âme d’enfant à celle d’un adulte ? Selon quelle loi faudrait-il absolument perdre son âme d’enfant pour devenir adulte ? L’âme serait-elle telle que la larve ? Elle se débarrasserait de la gangue, une fois le cocon achevé, et subirait comme le ver une métamorphose pour devenir chrysalide et enfin papillon …
Idiotie ! Enfant ou adulte, nous sommes la même personne. En changeant d’âge, nous ne changeons pas d’identité. Un adulte, c’est un enfant qui grandit. Il grandit tant par la taille que par l’expérience. Il se façonne au fil du temps. La vie le façonne.
En fait, notre âme d’enfant, nous la conservons tous en grandissant. Elle ne disparaît pas comme par magie. Elle ne s’évapore pas dans les limbes d’un autre monde. Ainsi, chez chaque enfant, il existe déjà une âme d’adulte. Elle ne s’est seulement pas encore pleinement déployée en nous. Et lorsque l’on est devenu un adulte accompli, cette âme d’enfant, notre âme originelle, sommeille au fond de nous-mêmes.
Chez certains, elle est si dominée par les contraintes de la vie d’adulte et le masque social qui dissimulent notre vraie nature, que notre intuition, notre spontanéité et notre créativité restent profondément enfouies.
Certains adultes ne sauront s’en défaire, d’autres s’en débarrasseront, quand d’autres encore n’en auront jamais portés. Ceux-là mêmes dont on dit qu’ils ont gardé leur âme d’enfant.

Mais en fait, la seule âme qu’il nous faut garder, c’est la nôtre. Et pour cela, il suffit de vivre et d’accepter de s’assumer tel que l’on est vraiment.

*****

À l’initiative de ce billet d’humeur, le poème de Didier Regard 

L’enfant en soi

Sous ton manteau de soie
Ton enfant est écrasé
Celui que tu portes en toi
Depuis tant d’année

Reçu comme un passager
Sans une réelle volonté
C’est un essieu errant
Sur ta route en cadrant

Tu l’as sur tes épaules
Sans qu’il soit un fardeau
Mais tu l’enfermes dans ta geôle
Sous l’ordre de tes sanglots

Tu crois qu’il tourne
Sous l’attraction de ta roue
Mais il s’enfourne
Dans tous tes trous

Il finit par émerger pour l’exemple
Des disparus de ton paradis
Dans l’origine de ton temple
Dont tu t’enivres des fruits

Découvrez les poèmes de Didier Regard et aussi ses tercets

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