Écologie, écologie, quand tu nous appelles …


Note de l’auteur : Âmes sensibles, il y a dans ce billet un peu d’humour, de mauvaise foi et du second degré. En cette période de foires aux vins, saurez-vous dégager le bon vin de l’ivraie ?

 

Il n’y a rien à faire. La rubrique « faits divers » fait plus recette que la disparition d’une île cédant à la montée du niveau de la mer et provoquant ainsi la déportation de dizaines, voire de centaines, de milliers de personnes résignées. Même la progression des zones désertiques et les famines qu’elle provoque remet à peine en cause nos destinations de vacances. En clair les catastrophes, dites climatiques, tant qu’elles interviennent à l’autre bout du monde ne captent l’attention qu’à travers leurs images apocalyptiques dignes des films à gros budget. Elles ne créent pas pour autant chez la plupart d’entre nous une petite association d’idées. C’est tellement loin. Montrez-moi plutôt le temps qu’il fera demain, à Aix-en-Provence ! Ben quoi, rien de plus normal, c’est là que j’habite !

Pourtant, les bonnes consciences et les porteurs du grand projet écologique ne ratent pas une occasion de nous sensibiliser. Ils en sont certains, au point de rendre quotidiennes les mauvaises nouvelles sur l’état écologique du monde : toutes les catastrophes sont liées au réchauffement climatique et aux mauvais comportements de l’espèce humaine. Enfoncez le coing, la pierre finira bien par éclater …
Cette semaine, un monsieur convaincu de la puissance de sa notoriété internationale, … euh, de sa notoriété française, un monsieur, donc, imagine que sa démission enverra un signal fort. Il en appelle à ses troupes. Dans la foulée, pétitions et tribunes « spontanées » ont lancé un appel qui devrait nous pousser à répondre « au plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Des célébrités du monde du spectacle, des l’arts, et quelques physiciens, lancent des formules qui claquent et qui nous annoncent la fin des temps. Oui, tremblez braves gens, « l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent ». « Nous vivons un cataclysme planétaire… Tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien ».

Ce dimanche, on a donc marché. On a marché à l’appel spontané d’un quidam sur les réseaux sociaux. Un quidam ? Presque ! Un journaliste copain du démissionnaire qui a ameuté les copains militants… Mais chut ! Ça, il ne faut pas le dire, même si l’on y trouve aussi des politiciens opportunistes… Nan, nan, nan ! C’est que des nouvelles consciences spontanées. Un élan magnifique.
Et c’est certain, ce dimanche, on a eu la mobilisation « spontanée » qu’on nous promettait. Pas moins de 25.000 personnes à Paris. 60.000 dans tout le pays. Et quelques dizaines de milliers d’âmes à travers le monde. Un véritable raz de marée !

Bon ! On ne va pas se mentir, ce n’est pas gagné … à moins d’être persuadé que l’on puisse mobiliser les français sur la mort des huîtres dans l’étang de Thau, ou tiens, voyons plus grand, que l’on puisse réunir sur la question de la survie de notre espèce, un céréalier picard, un éleveur argentin, un fromager du Vercors, un nomade sub-saharien, un paysan chinois, un milliardaire texan ou un salarié autrichien. Il faut bien se l’avouer, l’affaire n’est pas dans le sac.
Tenez ! Je ne voudrais pas vous paraître pessimiste, mais même Brigitte Bardot a du mal à faire lever les foules. Bon, je vous l’accorde, son physique fait beaucoup moins rêver qu’à l’époque où elle nous attendrissait sur le sort des bébés phoques, (Ah non, Pascal ! On avait dit pas d’attaque personnelle sur le physique !).

Mais alors, pourquoi n’arrive t-on pas à faire se lever les foules ?
Peut-être parce que, au quotidien, le sauvetage de la planète et de l’espèce humaine passe après mon confort personnel, ici, et maintenant. Eh oui, nous vivons dans un monde où, quoique l’on dise, l’hédonisme où la montée de l’individualisme et de l’égoïsme sont les valeurs qui ont la cote.
C’est que chacun a ses propres préoccupations. La place à la crèche pour le petit dernier, le pouvoir d’achat, les conditions de travail (quand on en a un), la peur du migrant, et même les foires aux vins …

Quand l’écologie n’est pas notre gagne-pain, quand nous avons des soucis pour payer les factures, et pour peu que nous ne vivions pas dans des régions dont l’écosystème s’effondre, nous ne sommes pas nombreux à avoir une conscience climatique. Et quand arrivent des échéances électorales (quand on a la chance de pouvoir voter), l’urgence environnementale passe au second plan (et là, je suis optimiste !).
Donc, quand tu es un homme ou une femme politique, il faut être « sévèrement burné », ou être une « dame d’acier », pour imposer la transition climatique, ici, et maintenant. La promettre, oui ! (ils sont d’ailleurs plusieurs à le faire). L’imposer … C’est moins sûr. C’est tout de même le genre de truc à trébucher quand on est tout seul.
Je sais, je sais, je sais, c’est bien dommage, mais c’est comme ça !

De Gaulle prétendait que nous étions des veaux, mais Al Gore a peut-être raison de nous comparer à des batraciens.
Si, si ! Cet ancien vice-président américain nous prend pour des grenouilles – Notez-bien qu’il ne parle pas que des français – Le rapport ? Plongée dans une eau bouillante, elle bondit pour en sortir, mais ne réagit pas si l’eau froide est progressivement chauffée… L’homme est ainsi fait : il ne réagit qu’à un danger immédiat qu’il a directement sous les yeux.

*****

Le brillant prolongement de ce billet d’humeur par Didier Regard 

Monsieur Hulot
Tati t’a immortalisé dans son hublot
Sur une plage avec des bulots

Dans les films tout était résumé
Et tu n’étais pas député
Mais déjà à la télé

Toujours ce souffle du profit
Celui qui danse sur nos débris
Qui détruit nos esprits

Rien n’est compris
Pourtant l’entropie
Est la base de la vie

Du reste, toi ou un autre
Le dossier n’a pas besoin d’apôtre
Car il est le nôtre

Et, quand tu verras le cerisier sans fleur
Et des inondations de pleurs
Tu vivras ton heure

L’heure du trop tard…..

Découvrez les poèmes de Didier Regard et aussi ses tercets

*****

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3 Commentaires

  1. Clement Loné

     /  9 septembre 2018

    100% comme je disais, tant que l’écologie ne touche pas aux portefeuilles des gens, j’entends citoyens du monde, personne ne fera rien. Pour l’instant ce n’est que du vent, tant que les gens ne seront pas en face d’une catastrophe, rien ne changera.
    Ce n’est que lorsque la catastrophe arrivera que tout le monde commencera à paniquer et à vraiment prendre conscience de ce qu’il se passe.
    Mais comme dans de nombreux films fantastiques (ou pas..) il sera trop tard.

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  2. Dans le même esprit, l’utilisation politiquement correcte des rats à Paris :
    http://www.lessoireesdeparis.com/2018/09/10/indesirables-bestioles/

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  3. Arielle Petit Wehrlin

     /  11 septembre 2018

    Excellent ! le journaliste était lyonnais , cela n’excuse pas tout … ha ha. La bonne conscience passe également par le tri que chacun fait consciencieusement alors qu’ensuite, tout est mélangé au centre de tri parce que c’est compliqué et cher finalement de trier et recycler !! L’écologie devrait définitivement être un état d’esprit adapté au quotidien et pas un parti (ce n’est que mon avis et un parti-pris …)
    ps : définition de parti-pris : Caractérise une décision inflexible qui est davantage due à l’éducation reçue qu’a une observation impartiale des faits. ( certains diraient LOL)
    L’avenir n’est toutefois pas serein, pour les prochaines générations.

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