Un truc énooorme et en prime, une utopie !


Zineb, cette semaine, j’ai appris un truc énorme :
Il paraîtrait qu’il est tout à fait possible, dans un pays vivant sous état d’urgence, de se payer des allers-retours en garde à vue sous 7 identités différentes, et avec les mêmes empreintes digitales. Comme le déclamerait Fabrice Lucchini, « c’est énoooorme ! ».
Moi, que le fisc retrouve dans les plus intimes recoins de ma petite existence, j’en reste baba.

Mais, au-delà du fisc, c’est une réflexion sur l’au-delà qui m’est très vite apparue – si, si, esprits moqueurs que je devine au-delà de l’écran… Cela m’arrive de temps à autre de réfléchir. –
Croyez-vous que si je vivais sous 7 identités différentes, j’arriverais à tromper l’abominable faucheuse ? On dit que les chats ont 7 vies. Alors, pourquoi Diable les humains n’en auraient-ils qu’une ?
La question est d’une grande importance. Dame, la plupart d’entre nous se lève chaque matin sans y penser. Pourtant, chaque jour nous rapproche d’une inéluctable fin. D’ailleurs, s’il existe bien un sujet sur lequel nous ne pourrons pas crier à l’escroquerie, c’est bien celui-ci : notre passage sur terre n’est qu’éphémère.
Tout au plus nous pourrions regretter que la grande funeste se pointe à une heure incongrue. Car il faut bien l’admettre, la mort rôde à tous les coins de rue, et on ne manque pas de nous le rappeler à chaque flash-infos.

La presse et internet le savent bien, c’est leur fonds de commerce : notre cerveau raffole des mauvaises nouvelles. Oui, aussi mortifère que cela puisse paraître, il adore se faire peur. Il raffole de ces actes dramatiques que l’on nous distille avec force détails. Elles l’excitent et le rassurent à la fois, c’est ainsi ! D’une façon plus ou moins sincère, on fait mine d’être attristé et d’afficher de la compassion, et secrètement, on se dit qu’on l’on a échappé à l’horreur absolue. On se dit parfois que l’on aurait pu y être. Certains vont jusqu’à penser qu’ils sont des héros. Quant à la majorité, c’est l’occasion pour elle de se rappeler qu’elle est vivante.

On s’insurge, on vocifère contre les extrémistes et les fanatiques, contre les fous de Dieu et les assassins. On condamne les gestes abjects et lâches. On se livre docilement à l’exercice de la propagande, bien au-delà de ce dont les auteurs ou les commanditaires fantômes auraient pu rêver. Trop heureux, ces derniers en viennent à revendiquer le geste du moindre déséquilibré travesti en imitateur.
C’est le propre des démocraties : au nom de grands principes et à grands renforts de déclarations impuissantes, elles se font les caisses de résonance d’un terrorisme qui cherche à inoculer la peur au quotidien.
Il parait qu’il faut informer à tout prix et dénoncer avec violence …
Et bien cette semaine, une utopie m’est venue à l’esprit. Une idée dont je ne mesure pas vraiment l’efficacité, mais que je vous livre tout de même :
Et si tous les médias refusaient, dans une prise de conscience salvatrice, de diffuser en boucle des images et des témoignages terribles ; s’ils s’abstenaient des commentaires stériles dont ils sont coutumiers ; si les citoyens s’interdisaient spontanément de tweeter et de retweeter de telles actions meurtrières ; si les rares procès de terroristes ne faisaient plus l’objet de reportages insipides … Un acte civique de silence, un acte de résistance active, en quelque sorte …
Mais voilà, comme le disait mon grand-père, si ma tante en avait, on l’appellerait tonton !

PS : Je vous recommande, si vous ne l’avez déjà fait, la lecture de l’excellent livre de Zineb El Rhazoui (cf photo), « Détruire le fascisme islamique ». Rendue mondialement célèbre suite aux attentats de Charlie Hebdo dont elle fut rescapée, cette journaliste diplômée en sociologie des religions et militante des droits de l’homme et des libertés individuelles est sous la menace de plusieurs fatwas de mort. Elle est aujourd’hui la femme la plus protégée de France.

 

*****

Et toujours, l’inspiration du poète 

Tout est éphémère
Même mon dernier verre
Mais pas la misère

Alors, 7 vies
Cela ne donne pas envie
Pour être asservi

Même les pieds dans la gnose
C’est à peine si j’ose
Souffrir de mes psychoses

Juste rejoindre ma mer
En être l’unique vacataire
Sans imaginaire

Seul se préparer à l’incongrue
De la rencontre ingénue
Avec son corps tout nu

Merci de m’accorder du silence….

Découvrir les poèmes de Didier Regard et aussi ses tercets

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1 commentaire

  1. Oh, oui, quelle bonne idée, quelle merveilleuse utopie vous nous livrez là, une fois encore, Monsieur Pascal Launay! En même temps (ne voir ici nul élément de langage… évidemment!)… en même temps donc…. il  »suffirait » que nous en décidions…. Ah bien sûr, si la décision repose sur NOUS… ça pourrait bien laisser quelque espoir? Merci pour vos écrits… tellement inspirants (et drôles)!

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