San Giminiano, une autre New York


San Giminiano

Une fois les remparts de San Giminiano franchis, on imagine assez bien l’époque fastueuse que connut cette cité quand y naquit Dante.
Pénétrer dans les entrailles de cette ville aux pierres rousses et encore déserte, lors d’une fraîche matinée de 15 août, me procure un plaisir certain. Quelques pas dans l’histoire, puis nous débouchons sur une petite place bordée de palais aux façades tout à la fois majestueuses et austères, flanquées de trois tours imposantes. C’est que, dans cette « New York » du 13è siècle, il fut un temps où la puissance prenait des allures de tour …
La perspective des lieux est barrée d’une telle volée de marches, que ma nuque s’en trouve douloureuse lorsque je découvre enfin la cathédrale.
Il n’est pas encore 9h00. La fin de l’office est proche. Une femme en filtre jalousement l’accès, mais après force négociation, nous sommes autorisés à entrer.

Une voix sonorisée et méchamment éraillée emplie l’édifice. Elle s’adresse à une poignée de fidèles et de laborieux qui maîtrisent le déroulement de la liturgie à la perfection.
Des têtes de femmes sont couvertes d’un foulard, d’autres pas. Nul ne s’en soucie. Tenues endimanchées, de ville ou de travail, ont supplanté les bermudas et les tee-shirts irrévérencieux. Ni touristes, ni curieux. Pas un quidam pour venir perturber l’ordre religieux.
Un regard circulaire nous permet de découvrir des fresques illustrant l’Ancien comme le Nouveau Testament. Pas un centimètre carré de mur n’a été laissé à l’abandon.

Le temps de se recueillir, et déjà, les paroissiens sont renvoyés à leurs occupations.
Le Duomo se vide sans précipitation sous des murmures respectueux. Il semble que l’on prenne des nouvelles des uns et des autres.
Puis le prêtre, délesté de son aube, réapparaît incognito dans la nef. Armé d’une canne, il claudique sévèrement, tout en accordant une oreille attentive à cette vieille dame qui trépignait presque en l’attendant. Tel un berger survolant d’un regard son troupeau, il pose les yeux sur nous. Un geste presque imperceptible trahit sa surprise. Rien en nous ne l’inquiète car si l’église est fermée, ceux qui souhaitent prier sont toujours les bienvenus.

Quelques instants plus tard, au bas des marches et à la recherche d’une terrasse accueillante, nos regards se croisent à nouveau. Il boit un café en toute sérénité, entouré de trois habitués et d’un touriste matinal.
Une vision me glace. Mes pensées s’envolent auprès des prêtres de France que j’imagine durablement traumatisés par l’assassinat de l’un d’entre eux.

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L’inspiration de Didier Regard

« Va-t’en, Satan »
Dernière parole du Père Hamel

Abreuvé à la dernière mamelle
D’un espoir qui défi le temps

Ouvrons de nouvelles portes
Pour que la chair de la lune

Nous inonde et nous porte
Au-delà de la rancune …

(Lire la suite et découvrir tous les poèmes de Didier Regard)

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