Chouette, dans un Mois c’est Retraite !


Durée de lecture : 2mn 38s

Le rythme de mes années est ponctué, depuis 6 ans, par deux moments régénérants et cruciaux. Au printemps et à l’automne, point de jets d’eau dans une thalasso, mais plutôt une retraite comme credo. Et bonne nouvelle, rendez-vous est pris pour la fin mai !
Deux fois par an, je m’accorde donc le luxe de me retirer dans ce lieu visible depuis, la montagne de Lure, le plateau de Puimichel et les Alpes du sud. L’endroit est bordé de quatre pentes toutes aussi abruptes les unes que les autres. Chacune d’entre elles protège jalousement le Monastère.
On dirait qu’une main bienveillante l’a déposé sur ce plateau, avec la délicatesse et la précision d’orfèvre d’un amateur éclairé de modèles réduits.
C’est une île en plein ciel, tout comme l’Abbaye de Lérins est une île en pleine mer. Plus exactement, il s’agit plutôt d’une oasis, un lieu situé au milieu du désert de la vie contemporaine.
Au sens étymologique son nom signifie « plateau des sources ». On vient y chercher la fraîcheur et une source d’eau après une marche exténuante sur la route du chemin de Compostelle. Lieu d’accueil des voyageurs assoiffés qui ont besoin de se ressourcer, c’est un havre de paix pour les hôtes et les passants.
Mais il s’agit aussi d’un lieu de combat pour ceux qui y résident à demeure. Un combat d’homme à homme, en solitaire, ou entre frères en but aux difficultés de la vie en communauté.
C’est également un combat entre les moines et le Diable qui ne cesse de les tourmenter, autant de fois qu’ils en appellent à Dieu pour ne pas qu’Il les soumette à la tentation. Enfin, c’est un lieu clos semblable en tout point à un ring de boxe, où Dieu et le Diable se rendent coup pour coup ! Et portant témoignage de cet affrontement, une mosaïque du XIIe siècle de l’église  représente le combat spirituel sans merci.

Pour ma part, outre mes propres tourments, j’y suis souvent perturbé par les vœux qu’ont prononcés ces moines. Si tous m’interpellent et me poussent à la réflexion, jusqu’à la profonde remise en question de certains de mes actes, et même du sens que je tente de donner à ma vie, celui de permanence me submerge régulièrement.
En effet, comment ne pas interpréter ce vœu de stabilité tel une sentinelle dans une époque où l’impatience et la frénésie l’emportent trop souvent. Il est un appel pour tous à ralentir et à se poser, face à la mobilité généralisée de notre vie moderne qui porte en elle les ferments de conséquences professionnelles et affectives bouleversantes.
Mais pour autant, la permanence n’est en aucun cas vecteur d’immobilisme ou de rigidité. Non ! La permanence, la continuité et la persévérance sont résolument créatrices.
D’ailleurs, il me vient à l’esprit cette citation de Ste Thérèse d’Avila :
« Rien de grand ne se réalise sans la continuité et la patience qui obtient tout ».

Perdu dans mes pensées, elles me mènent de nouveau dans l’église. Une église au style dépouillé, érigée à l’endroit où se croise les lignes de Hartmann, les grandes lignes énergétiques qui font le tour de la terre.
Orientée à l’est, à l’équinoxe de septembre, le soleil se lève en face de la fenêtre de l’abside et va caresser la porte d’entrée. En mai, la lumière se prosterne aux pieds de la Vierge Marie tenant Jésus sur ses genoux, tous deux couronnés. Au cœur de la nef, comment ne pas être attiré, absorbé, par la plaque de marbre de l’autel, et le Christ, crucifié sur une croix en bois suspendue par un filin d’acier si invisible, que l’on croirait qu’Il lévite.
Soudain, des images d’une sombre actualité s’interposent et se bousculent dans ma tête.
C’est alors qu’un fait d’histoire me vient à l’esprit :
Au petit matin, dans la cour centrale du camp de concentration d’Auschwitz, tous les prisonniers sont rassemblés pour assister à la pendaison de l’un des leurs. Dans les rangs, alors que le corps décharné du supplicié se balance au bout de la corde, un homme interroge le ciel à voix basse :
– Où est Dieu ?
– Au bout de cette corde, répondit alors Élie Wiesel.

*****

Chouette, dans un mois c’est retraite !  

Mon Ganagobie        
Que j’aime à la folie 
Redeviens brebis 

Assez de subis !!   
Délivré de mes habits   
Urbi et Orbi        

Tel un beau rubis
Je ne suis plus un zombie
Là, tout ébaubi

Plaisante lubie
Terminés les alibis
Mon nouveau hobby

Ganagobie …

Responsable

Instant où je suis
Dans le moment que je fuis 
Et où je m’essuie

Illusion qui suit 
Et je crois faire comme fi 
D’un monde qui détruit

J’ouvre ce défi
Découpant ce que je suis
Et dans un circuit

Cela me poursuit
Car je veux avoir le fruit
D’éclater l’ennui

Sortir de la nuit
C’est cela qui me réduit
Pour être dans la vie

 Découvrez la suite de l’illustration poétique de Didier REGARD

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1 commentaire

  1. Notre être aspire à la permanence… c’est une zone de confort ! L’impermanence est plus difficile à intégrer… bonne retraite et bonnes méditations….

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