Mystère et Boule d’Opium !


Durée de lecture : vous avez bien 2 minutes

Cette semaine, ai-je vécu une grande crise d’existentialisme, une crise tout court… ou plutôt la prise de conscience que, en ces temps grégoriens, les jours de la semaine ont joué à saute-agneau ? À moins que ce ne soit le monde qui tournent à l’envers … Mystère, et boule d’opium!

C’est tout d’abord un choc qui me plonge en plein désarroi : l’annonce d’un holocauste près du pays de Lucy m’emplit de désespoir. J’en suis si bouleversé qu’il m’est soudain impossible de me rappeler la date à laquelle j’ai accompli mon devoir. Impossible donc de connaitre avec exactitude ma date de naissance.
Et puis, alors que je ruminais mes incertitudes, un ange passe et me couvre de cadeaux ?! Au fond d’un sac, un petit berlingot. Serait-ce possible ? Nous ne sommes pourtant que jeudi ! J’ouvre frénétiquement la boîte … Pas de doute, ce sont bien des oeufs.
Mais ce n’est pas tout ! Ce même soir, je trouve dans mon assiette des côtes d’agneau. Je n’en souffle pas un mot, elle ne comprendrait pas.
La nuit est angoissante, car je sais que le lendemain sera particulièrement éprouvant. La pharmacie, la poste, la gare, … un vrai chemin de croix m’attend.

Je n’étais jusqu’à présent guère brillant, mais samedi, mes pensées s’embrouillent un peu plus. Je ne sais pas Qui j’attends. Mais c’est indéniable, j’attends ! Il me faut faire un tour.
À peine sorti de chez moi, j’ai le sentiment d’être suivi. Un coup d’oeil dans le rétroviseur, cela ne peut être une coïncidence. Un sous-marin noir ayant tout compris de la mécanique des fluides se faufile derrière mon ombre avant que la grille du portail ne se referme. Il cherche à me mettre la pression. J’accélère au point d’effrayer un lapin qui surgit sur ma droite. À chacun de ses zigzags, j’aperçois le dessous blanc de sa queue. Pas de doute, il s’agit bien d’un lapin. Mais qui est le plus étonné des deux ? Me serais-je trompé de jour ? Je vérifie derechef … Que nenni, nous ne sommes pas dimanche ! Mais alors, ce n’est pas possible ! Une fois encore, il est encore trop tôt !
Poursuivant ma route, je profite du calme de la campagne pour me détendre. Les vignes sont impeccablement taillées et j’imagine déjà les petites pousses vertes des jeunes sarments qui nous offrirons si généreusement, en septembre, les raisins blancs d’un cépage cultivé uniquement en Provence. Un paysage bien plus agréable à contempler que celui des champs semés de ce céleri-branche amer que je déteste retrouver dans ma soupe. Je suis au moins certain d’une chose : je préfère, en tout bon pape et antipape qui se respecte, le calice au bol.
À l’entrée de la ville, je suis crucifié en plein carrefour par un feu rouge. Je distingue au loin une meute de charrettes lancées à toute allure et qui fond assurément sur moi. Le feu me libère enfin. Un homme à la barbe grise frappe le sol avec une canne et force conviction. Ce faisant, il me met à l’abri d’un raz de marée.

Il est grand temps de faire des courses. Sur la place du village, quelques amuseurs de rues. Il y a là aussi un chanteur qui brûle sans vergogne de gros billets de 500 francs ? Mais que fait donc le procureur ?
Je ne suis décidément pas au bout de mes surprises : chez le boucher, point de bélier. C’est tout juste si, à mon retour, j’aperçois dans le champ du voisin les dégâts occasionnés par un troupeau de sangliers. Je ne comprends pas.

Je suis épuisé, mais je veille. L’aube pointe enfin, et Il revit.

Dimanche, 11h30. J’ai eu beau chercher dans mon jardin, rien. Même pas un lamele. Mais qu’à cela ne tienne, il fait grand beau. C’est le Printemps, le temps du renouveau.
Soudain les cloches sortent de leur silence. Miracle ! D’un seul coup d’un seul, le temps s’est recalé. Ouf !
Ah, mais à toi je peux bien l’avouer, Blaise, cette semaine, je ne fus vraiment pas à l’aise. Ton triangle n’a pas vraiment tourné rond … À moins que, … à moins que, … Mais où donc ai-je rangé ma barrette de médocs ?

*****

À bord du zodiac
Sur les flots avec la niaque
Certes mais pas que …

Avec cadillac
Je me prends une claque
Certes mais pas que …

Surtout pas réac
Golgotha sans morbac
Certes mais pas que …

Résurrection
Terme de l’inaction
Certes mais pas que …

Jamais ne pondre
Les choix pour se morfondre
Certes mais pas que …

Cherches tous ces oeufs
Pas cuits et surtout sans noeud
Certes mais pas que …

Prends cette ampleur
Et tu arrêtes les pleurs
Et c’est pour faire que.

 Découvrez la suite de l’illustration poétique de Didier REGARD

*****

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***
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2 Commentaires

  1. Dans tes délires zoologiques, il manque un éléphant, même pas rose. Notre ami Paul-Jean Toulet l’avait « contre-rimé » pour toi, j’en suis certain, plus sous influence de la bibine et de l’opium que sous celle d’une barrette de médocs :


    Et moi j’apercevais — pourtant
    Qu’on fût loin de Cythère —
    Un objet singulier. Mystère :
    C’était un éléphant.

    Notre maison étant tout proche,
    On le prit avec nous.
    Il mettait, pour chercher des sous
    Sa trompe dans ma poche.

    Hélas, rue-de-Villersexel,
    La porte était trop basse.
    On a beau dire que tout passe.
    Non — ni le riche au Ciel.

    Aimé par 1 personne

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  2. Fabienne Allard Korolev

     /  6 avril 2015

    Toutes l’année on gave des oies pour fêter noel, à Pâques on tue des agneaux de quelques semaines de vie… Pour fêter : des « miracles »?!?!?! Par la mort de l’autre… Beurk! Pour imposer leurs, foi, convictions, dogmes…des hommes n’hésitent pas a massacrer d’autres hommes…

    Ne cherchez pas le paradis il est bien là autour de vous, sous vos pieds. Le Terre, et sa multitude d’espèces, faunes, flore, que nous détruisons

    Et Elle pleure.

    Fabienne

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