Le mois de mai est sans pitié

Mai est un mois terrible. Avec ses week-ends hebdomadaires, ses jours fériés, ses ponts, ses journées de solidarité, ses jours de grèves, le mois de mai est terrible. Il est même sans pitié.

Fini la quiétude des retraités sur les lieux de villégiature ! Fini les prix doux sur les marchés provençaux ! Fini la fluidité du trafic sur les routes côtières ! Et oui, les citadins, et leurs portes-monnaie de moins en moins garnis, n’en oublient pas pour autant leurs bouchons. Les parkings, mais aussi les terrasses de café, vont bientôt afficher « complet ».
Vendredi soir encore, certains faisaient mine d’ignorer le raz de marée annuel. D’autres, trop conscients du phénomène, courbaient l’échine. Pour tous, le réveil de samedi matin a été plutôt brutal. À peine les brumes matinales se sont-elles évaporées, laissant un soleil vigoureux prendre ses aises, que la triste réalité est apparue. L’astre solaire, dans une tentative désespérée, a eu beau avoir dans l’idée de retarder l’échéance en faisant mine de s’éclipser, ils étaient déjà là. Oh, encore en petit nombre, mais rien désormais ne pourrait entraver la déferlante. D’ailleurs dans les rues, l’accent méridional était en perdition ce week-end, noyé au beau milieu d’une foule estrangère

Mais cette année est un millésime tout à fait particulier. Son mois de mai n’est pas un drame uniquement pour le littoral et « les cochons de patrons ». Il l’est également pour … les syndicalistes. Vous ne vous rendez pas compte du casse-tête ? Laissez-moi vous éclairer !
Comment maintenir l’intensité d’un mouvement cinquantenaire, quand il existe autant d’occasions de ne pas aller travailler tout en étant payé ? Comment justifier du nombre de grévistes quand nombre de travailleurs sont en vérité en RTT, en récupération, ou en congés ? Et du côté des étudiants, l’exercice n’est également pas aisé. Pourquoi donc occuper une faculté, lorsqu’elle est fermée pour cause de vacances ? Il n’y a vraiment que des CRS pour avoir cette idée saugrenue.
Alors voilà ! À sous-estimer l’impact d’une réalité somme toute implacable, le mois de mai pourrait s’avérer fatal pour les professionnels des luttes, pour les doux rêveurs, et autres casseurs.
Notez bien que l’on pourrait, à titre tout à fait exceptionnel, s’arranger avec les chiffres. On pourrait également tenter de déplacer les barbecues sur des lieux plus exotiques. Mais un problème subsiste. Celui de maintenir un mouvement tout en permettant aux « gentils » sympathisants, et surtout aux grévistes eux-mêmes, de rejoindre leur famille aux quatre coins de la France. Diable ! Tout ce petit monde a bien le droit de se voir réconforter par leurs proches, et de partir en vacances pour se reposer.

Ah mes amis ! Je vous le répète. Il est terrible et sans pitié ce mois de mai… Et j’y pense tout à coup… Il ne manquerait plus qu’il pleuve les jours de manif. Ce serait vraiment le bouquet … de clochettes, évidemment !

Note de l’auteur :
Ne vous y trompez pas ! Ceci est un billet d’humour … parce que de tout ceci, il vaut mieux en rire !

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Cette semaine, Didier Regard nous transporte …

Cerisier rose
Le printemps sans pause
La lumière explose

Au loin reposent
Des corps qui osent
Montrer leurs proses

Les nids sont désertés
C’est sur des branches courbées
Que des chorales sont attisées

Sous un zénith embaumé
Les cigales s’apprêtent à chanter
De pré en pré

La nature saute la haie
Envahit les futaies
Hausse les remblais

Un monde parfait
Pourtant en ce mois de Mai
Il y a un mais …

Découvrez les poèmes de Didier Regard et aussi ses tercets

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