Nos émotions : traîtresses ou alliées ?

Au moment de prendre la plume et en réfléchissant à la semaine qui venait de s’écouler, ce ne sont pas des images ou des événements qui me sont venus en tête, mais des émotions. Une succession d’émotions. L’une a chassé l’autre sans me donner un quelconque répit. Intenses et brèves, elles ont fini par m’avoir, ces garces ! Nous sommes dimanche, et je suis claqué.
La joie, la surprise, la tristesse, la colère, la culpabilité, et la peur. Oui ! À bien y réfléchir, je les ai toutes connues en ces 7 derniers jours. Et plus d’une fois pour plusieurs d’entre elles. J’ai lu qu’il existait 6 ou 8 émotions universelles. Je n’en aurais donc évité que deux : la honte et le dégoût. À la réflexion, j’aurais plutôt tendance à penser que ce n’est pas plus mal.

Ah, je pressens chez certains de vives réactions ! « Mais que fait-il de l’amour, de la haine, de l’anxiété, de l’ennui ou de la mélancolie ?! »
Eh bien, nan, nan, nan ! Il ne faut pas confondre les émotions avec les sentiments ou même les humeurs. Les émotions ont ceci de spécifique qu’elles sont explosives, brutales, et surtout qu’elles ne durent pas. Elles apparaissent juste pour nous mettre à l’envers, et s’effacent aussi vite qu’elles sont arrivées.
Il parait qu’elles nous rendent vivants. Il paraîtrait même qu’elles seraient indispensables à notre survie, et que le grand secret serait de savoir les apprivoiser pour qu’elles deviennent une force. Mais attention, nous prévient-on ! Tenter de les maîtriser pour satisfaire au code moral de notre société, ou à des fins manipulatrices, pourrait être dangereux pour soi-même, et parfois même suicidaire…

C’est peut-être idiot, mais cela me fait penser à l’illustration que j’adore citer pour expliquer le type de stress traité par le cerveau reptilien (c’est celui que nous avons en commun avec l’homo-erectus).
Pour faire court, nos ancêtres avaient des peurs qui très souvent engendraient des réponses simples et binaires, type « oui/non », « la vie ou la mort » : « Un lion me court après : je prends mes jambes à mon cou, parce que si je ne réagis pas : il me bouffe ». Et cela tombe bien parce que, ce faisant, le cerveau reptilien a le bon goût de déclencher tout un tas de modifications hormonales et physiologiques qui vont permettre à notre homme des cavernes de courir plus vite, ou de se concentrer pour trouver un endroit où se mettre à l’abri.
Imaginez donc ce que cela aurait pu donner si, face à cette même situation, nos ancêtres s’étaient posés des questions du genre : « courir ou ne pas courir ? Telle est la question ! Parce que, si je détale comme un couard, Rahan va me prendre pour une poule mouillée, auquel cas mes chances de rester le chef de la tribu seraient bien minces », ou encore, « si je vais me cacher, les yeux de Jane ne risquent-ils pas de ne plus me voir comme le grand guerrier protecteur et séduisant que je suis, et ne va-t-elle pas se jeter dans les bras de Rahan ?» …
Gageons que nous ne serions certainement pas quelques milliards sur la planète, si nos ancêtres avaient cherché à gérer ainsi leurs émotions !

Depuis la préhistoire, notre cerveau s’est beaucoup développé est c’est heureux !  Cependant, gérer les émotions, en soi et face aux autres, n’est vraiment pas une sinécure. Il faut tantôt les taire, tantôt les exprimer. Ne pas se donner en spectacle, respecter les convenances, manifester vraie et fausse joie, compatir à bon escient … Que d’embrouilles en perspective ! … Si bien que l’on en joue et l’on s’en méfie ; on les recherche et on les fuit ; on croit les reconnaître et on se laisse berner ; on se laisse emporter ou submerger . Et pour finir, on est tout en contrôle, certains de pouvoir les maîtriser, et … elles nous terrassent.

Cette semaine, je me demande si mes émotions ne m’ont tout simplement pas terrassé, pour finalement gagner la bataille… Cela étant, vous finissez par bien me connaître, elles sont loin d’avoir gagné la guerre.

 

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Et toujours, l’inspiration du poète …

L’émotion c’est « mettre en mouvement »
C’est dans sa racine
Toute Latine
Qu’elle puise son dénuement

Que cela vienne du limbique
Ou du reptilien
Nous en sommes amnésiques
Et, cela nous va bien

Je crois apprivoiser ce reflux
Pour ne pas m’attacher
L’émotion n’est qu’entrevue
Avec mes yeux froncés

Elle n’est qu’un nuage de pluie
Je déciderai du moment
Pour déchirer l’étui
Et passer au suivant

Pour en parler
Sans pour cela la cacher
Nul besoin de la zone
De la barre des émoticônes

Je ressens et je lâche
Je dis et je me tais
Rien qu’un flash
Pour retrouver la paix

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