Court séjour à Marrakech, 24 ans après …

Avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui, Marrakech était une oasis… … Aujourd’hui, c’est une ville de plus d’un million d’habitants.

Notre découverte de Marrakech date de 36 ans. Et cela faisait 24 ans, déjà 24 années, que nous n’y étions pas retournés.

La Médina, la place Jemaa el-Fna et son folklore, les souks, le marché aux épices, les quartiers où les artisans travaillent le cuir ou cisèlent le cuivre et l’argent marocain, rien n’a changé. Parcourir les souks restent un réel plaisir. Les marchands vous sollicitent mais n’insistent pas, pour peu que vous leur fassiez un grand sourire en leur signifiant poliment que vous n’êtes pas intéressés. Ce qui nous a frappé, c’est aussi l’effort de tous pour maintenir la propreté des sols et protéger de la poussière, les poumons des humains et de nos amis à quatre pattes, comme tous les objets exposés.  

Dans les dédales de la Médina, qui existait déjà au 9è siècle après JC, les Riads restaurés sont passés de mains en mains. Quelques restaurants pour touristes subsistent, mais ce sont surtout des RbNb où les chambres sont louées à prix d’or, ou encore des palais et des lieux de villégiature discrets pour la jet set internationale, avant que celle-ci ne s’exile dans le quartier de l’Hivernage ou celui de la Palmeraie. 

 

Cour intérieure d’un Riad marrakchi

Hors des remparts, les jardins de l’Agdal toujours aussi exubérants. Et comment ne pas lever les yeux et tendre une oreille devant la mosquée Koutoubia dressée là, imperturbable, depuis  le 12è siècle.

La mosquée Koutoubia

Chers amoureux des jardins, à Marrakech, vous êtes chanceux. Il ne faudrait pas omettre de déambuler au sein du magnifique « Jardin Majorelle ». Le troisième plus beau jardin du monde. Sans pour autant négliger, ni la villa art déco construite par son créateur, le peintre français Jacques Majorelle, ni le remarquable musée Berbère.

 

Jardin Majorelle

Au-delà du coeur de la ville, le quartier du Guéliz, en pleine rénovation, et celui de l’Hivernage, marquent les premières manifestations de modernité dont Marrakech peut à présent s’enorgueillir.

Mais c’est la couronne de la ville qui a littéralement explosé. 

Évidemment, il a fallu loger décemment les marrakchis d’origine et trouver un toit à la population nouvelle nécessaire pour satisfaire le flot de touristes. Nombreuses sont aussi les résidences huppées, qui poussent comme Panoramix fit naître des palmiers dans le désert, pour agrémenter le Palais de César voulu par Cléopâtre. Ultra-modernes, et sur-équipées, elles sont principalement destinées aux étrangers. 

Certains viennent habiter à Marrakech, pensant marcher sur les traces des Y.S.L, des P. Berger, A. Delon, A. Dombasle, et bien d’autres artistes ou personnes fortunées désireuses de vivre en paix et, accessoirement, à peu de frais. D’autres viennent y passer quelques jours. Ils espèrent découvrir au pas de charge les secrets de l’une des quatre cités impériales du Maroc. Mais attention à ces locations façon « RbNb », aux remarquables intérieurs, mais qui peuvent se trouver à près d’une demi-heure en voiture de la Médina ! La circulation routière est « musclée », et souvent… « déroutante » !                                   

À Marrakech, plus de 80% de l’économie est générée par le tourisme. Dès l’arrivée à l’aéroport, vous pourrez mesurer à quel point Marrakech a changé. La ligne ahurissante de douaniers qui vous reçoivent en dit long sur l’essor de la ville la plus attractive du Maroc. Ne dit-on pas qu’il atterrit ou décolle un avion toutes les 3 minutes !

Parmi toutes les merveilles que vous découvrirez, ne manquez pas de vous offrir un tour des curiosités de la ville en calèche. Il reste un moment privilégié dont il serait dommage de se priver. Les chevaux sont à présent bien traités et remarquablement soignés, les cochers ont gardé leur gentillesse et leur gouaille des temps passés. Méfiez-vous cependant à ne pas contribuer à répandre les rumeurs qu’ils se plaisent à raconter, plus pour distraire leurs passagers que pour les ridiculiser.

De retour à Marseille, nous avons ressenti une indicible honte, pris dans une file d’attente interminable, et constatant que nous étions péniblement filtrés par deux douaniers, dont l’un ne parlait pas un mot de français. 

Bon voyage à Marrakech ! Mais dîtes-vous qu’il vous faudra plusieurs escapades, ou alors un long séjour pour prétendre connaitre cette destination touristique plurielle, qui ne se trouve pourtant qu’à environ 3 heures de la France !

Avis de grand frais sur Marrakech